Le Programme d’études sur l’usage des TIC dans les migrations
Depuis les années 80, le monde des migrants a connu un changement majeur avec l’apparition et le développement des Technologies d’Information et de Communication (TIC). Nous sommes passés de l’âge du migrant déraciné à l’âge du migrant connecté. De même, leurs communautés connaissent et expérimentent dorénavant de nouvelles formes de regroupement, d’action et d’occupation dans les territoires numériques. Ouvrir un nouveau terrain de recherche et bâtir un nouvel objet recherche qui explore l’impact des nouvelles technologies sur le monde des migrants, tel est l’objectif scientifique du programme de recherche « TIC-Migrations »
Parution de la revue Réseaux n°159 - Janvier 2010:
Les migrants Connectés
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Dans les années 1990, le monde scientifique a observé l’accès des migrants aux TIC. Dans la préparation des déplacements, dans la maintenance du lien à distance, dans l’intégration sur le marché du travail, l’usage des TIC était devenu incontournable. Durant tout un siècle de littérature consacré à l’étude des migrations, la définition du migrant faisait référence à une série de ruptures et d’oppositions inhérentes à son destin et qui ont été constamment mises en avant comme un principe organisateur de toute une réflexion théorique sur les populations en mouvement : Mobile/immobile, ni là-bas/ni ici, absent/présent, au centre/à la marge, etc.
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Ces concepts tiennent difficilement dans un monde marqué par une mobilité généralisée et par une amplification sans précédent de la communication. Le déraciné, en tant que figure paradigmatique du monde migrant s’éloigne et fait place à une autre figure, encore mal définie : celle d’un migrant qui se déplace et fait appel à des alliances à l’extérieur de son groupe d’appartenance, sans pour autant se détacher de son réseau social d’origine. Équipé en téléphone mobile, Internet, etc., ce migrant connecté s’inscrit dans une « modernité liquide » et pourrait étendre ses racines partout.
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Le migrant connecté. Pour un manifeste épistémologique La perspective épistémologique de concevoir le migrant dans un système global de mobilités s’inscrit dans une démarche sociologique encore conceptuellement faible et tâtonnante. Si l’idée selon laquelle « ce qui définit le monde contemporain c’est la circulation, bien plus que les structures et les organisations stables » (J. Urry) est largement accepté dans les sciences humaines contemporaines, les théories migrationistes semblent s’entraver dans une vision qui continue de séparer mobilités des migrants et mobilités des sédentaires, les trajectoires migratoires des parcours urbains, les circulations transnationales et les mouvements de proximité, etc. Cliquez pour continuer... |
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E-Diasporas Atlas Projet ANR Exploration et cartographie des diasporas sur les réseaux numériques. Un des changements majeurs intervenu depuis les années 80 dans le domaine des diasporas tient à la multiplication des communautés en dispersion dans l’espace physique et à leurs nouvelles formes de regroupement, d’action et d’occupation dans les territoires numériques. L’objet de ce projet est d’analyser et de visualiser la dynamique des systèmes migratoires et ses évolutions sur le terrain numérique. Le « E-diasporas atlas » entend se démarquer de la formule classique d’un atlas des migrations qui se focalise traditionnellement sur les flux, les trajectoires ou la dispersion des populations en mouvement sur les territoires physiques. Cliquez pour continuer... |
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